LE CORPS ET SA LIBÉRATION 

 

LE CORPS PERDU

 

Notre corps est notre maison.

Il est souvent inhabité de nous-même et habité par l’autre, nos parents, nos enfants, notre époux.
Notre corps appartient à celui ou celle à qui nous avons donné notre pouvoir. La relation à notre corps est grandement influencée par des conditionnements sociaux et familiaux qui sont pour la plus part inconscients.
Pendant des années, nous avons fonctionné par imitation.
Pendant notre enfance, notre corps a imité le corps de nos parents en recherche d’identité. Devenu adolescent, cette quête d’identité s’est transférée sur d’autres personnages que nous avons voulu imiter, des personnages sportifs, de la mode ou autres.
Le besoin d’imiter est naturel dans l’apprentissage de la vie, par contre à un moment donné, nous pouvons nous retrouver malgré nous à vivre dans un corps qui n’est plus le nôtre.
Un corps qui porte les projections et les blessures des autres en plus de notre propre blessure.
Ceci crée de la confusion intérieure, car ce corps est perdu dans des conditionnements et des protections, il est coupé de son ressenti et de sa vérité profonde.
Il envoie des signaux, des malaises, des symptômes, des maladies, qui sont souvent mal interprétés, voir incompréhensibles. C’est un appel pour que nous puissions revenir à nous, nous retrouver et nous habiter en conscience. Notre corps est notre maison, siège de notre inconscient et de notre âme.


 

LES CUIRASSES ET LES DIFFÉRENTS SYSTÈMES DE PROTECTION

 

Les cuirasses sont des « armures » telles des protections que nous avons installées dans notre corps à travers les chairs (muscles, tissus conjonctifs).

Ces armures sont activées par le cerveau reptilien, le cerveau instinctif. Ce sont des réponses instinctives de défense face à une menace.
Ces carapaces s’expriment par des tensions physiques passagères ou chroniques, des « postures » corporelles qui se façonnent avec l’âge. Elles sont l’expression d’un langage non verbal qui souvent dépasse notre volonté.
Les cuirasses peuvent s’installer dès la vie intra-utérine et prennent leur ampleur dans le temps à travers, entre autres, des blocages respiratoires qui conditionneront notre relation à la vie, à l’amour, à l’intimité avec soi-même et l’autre.
Ces cuirasses qui ont eu leur raison d’être en nous protégeant dans le passé, peuvent tout aussi bien nous nuire dans notre évolution de vie.

Il est urgent pour vivre en santé physique et mentale, que nous reconnaissions jusqu’à quel point nous nous sommes cuirassés et qu’il est possible d’atteindre une libération, une liberté face à ces protections.


 

LES 3 FORMES DE CUIRASSES

 

Il existe trois formes de cuirasses, trois niveaux de protection.

Il y a les cuirasses physiques qui sont reliées au cerveau reptilien. Elles sont aisées à reconnaître car elles se sont installées aux endroits où vous avez mal dans votre corps.
Associées à ces tensions physiques chroniques, il existe aussi les cuirasses émotionnelles qui sont moins aisées à reconnaître.
Elles sont reliées au cerveau limbique. Nous avons tendance à les refouler, car nous vivons profondément conditionnés dans la réponse à nos émotions.
Et pourtant, l’émotion est un mouvement de vie.
Elle est un ressenti qui exprime une intelligence innée.
Lorsqu’elles sont refoulées, ces émotions créent en nous des blocages, des nœuds chargés de tensions émotionnelles.
Plus nous nous protégeons de nos émotions, plus notre corps se tend, nos diaphragmes se bloquent et plus nous cessons de respirer.
En tout dernier lieu vient la cuirasse mentale reliée au cortex cérébral.
Elle s’exprime par un flux de pensées mentales qui se tient et se maintient ensemble comme un système. Ce sont les croyances. Nous avons tous des croyances sur notre vie, sur notre corps, sur les autres, sur notre capacité d’aimer et bien d’autres choses.
Ces formes pensées sont des conclusions que nous avons tirées face à des évènements de la vie, des douleurs que nous avons ressenti ou dont nous avons été témoin.
Les croyances sont des cuirasses mentales qui agissent sur nous comme des prisons, créant des enfermements ou des fixations. Elles s’inscrivent dans notre chair, car nous sommes un organisme vivant. À des croyances sont liées des émotions et à des émotions sont liées des tensions physiques, corps et esprit sont profondément reliés.

 

LE CORPS RETROUVÉ

 

Pour mieux connaître son corps et l’énergie qui l’habite, pour être à l’écoute des sensations révélatrices de notre histoire corporelle, il est important de retrouver une relation d’intimité avec soi-même et de reconnaître que la vie qui habite notre corps a une intelligence plus vaste que notre personnalité.

Cette intelligence qui est basée sur la sensation du : « je sais », sans prétention, sur la sensation du : « je suis » en tant que présence à soi et aux autres et sur la sensation du : « nous sommes » car nous sommes beaucoup plus vaste que notre corps.
Toutefois, retrouver son corps équivaut à le libérer de ses conditionnements, de ses peurs, de ses nœuds émotionnels pour qu’enfin nous puissions vivre la liberté, la spontanéité et la légèreté d’être.
Le corps retrouvé est cette maison intérieure que nous habitons et ce véhicule qui sert notre évolution.